COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Collectif pour le droit de travailler en français en
France :
Le Protocole de Londres : « un des rouages vers
le tout anglais » 24/07/2007
Mme Pécresse,
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et
M. Jouyet, Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes,
militent pour la ratification du Protocole de Londres. Ce
protocole est un acte par lequel chaque Etat signataire
renonce aux exigences de traduction des brevets vers sa
langue nationale, exigences prévues à l’article 65 de
la Convention sur le brevet européen.
Il faut savoir que les brevets ne sont pas des documents
commerciaux ni des contrats, mais des titres de propriété
délivrés par l’Etat et opposables à tous. Cela leur
confère un caractère d’ordre public. Renoncer à
l’exigence de traduction n’est pas un acte
neutre…
L’objectif du Protocole est la réduction des frais de
traduction. Ceux-ci sont minimes par rapport aux frais
d’annuités. Le coût de la traduction ne représente
que 10% du coût total du brevet annuitées
incluses.
Si ce protocole est si
positif, pourquoi 18 pays de l’Union Européenne
ont-ils refusé de le signer et 4 autres l’ont-ils
signé sans le ratifier... ? Le véritable enjeu est le
régime linguistique.
L’Office américain des brevets et l’ American
Intellectual Property Association souhaitent que
l’anglais soit la seule langue en matière de
propriété industrielle et n’admettent aucune
réciprocité linguistique avec l’Union Européenne ni
avec les autres pays : la langue du brevet ne peut
être que l’anglais.
Des pays
résistent : l’Italie, l’Espagne, le
Portugal, la Grèce et l’Autriche s’opposent au
Protocole de Londres. Ces pays obligent ainsi les brevets
USA, indiens, japonais à être traduits vers leurs langues
respectives et du même coup maintiennent leur langue comme
langue technologique..
La ratification du Protocole par la France entraînerait à
court et moyen terme de graves conséquences industrielles,
juridiques, économiques sociales et linguistiques, tant
pour les petites et moyennes entreprises que pour leurs
salariés. Les brevets USA, indiens, Japonais seraient
déposés en anglais et opposables aux tiers. Si les brevets
n’étaient plus traduits : les PME ne pourraient
plus assurer une veille technologique satisfaisante dans
leur domaine, elles devraient assumer les frais de
traduction auparavant supportés par les brevetés étrangers.
Les salariés francophones de la filière des brevets ont du
souci à se faire, ils seraient mis en concurrence avec
leurs collègues anglophones de naissance meilleurs en
anglais.
La
résolution 402 de l’Assemblée parlementaire
de la Francophonie estime que le Protocole représente un
grave danger pour l’avenir de la langue française
dans le domaine scientifique, qu’il est contraire à
l’impératif de défense de la diversité
linguistique. Elle appelle tous les Parlements
concernés à refuser la ratification du Protocole de
Londres.
Cet
avis devrait être suivi par ceux qui ont le souci de la
diversité culturelle et linguistique
Renoncer à
l’exigence du français comme langue obligatoire pour
les brevets d’invention produisant leurs effets sur
le territoire national ouvre la porte à d’autres
renoncements, notamment celui de l’emploi du
français comme langue de travail dans les entreprises en
France.
Le collectif se prononce contre la ratification du
protocole de Londres par la France.
Il
faut souhaiter la mise en place d’un brevet
communautaire qui respecte le plurilinguisme en
s’appuyant sur les 5 langues -pivots de la Marque
Communautaire : français, allemand, anglais, espagnol,
italien.
Les frais de
traduction des brevets doivent être à la charge des
brevetés puisque ce sont eux et eux seuls qui bénéficient
du monopole conféré par les brevets en question. La mise en
place d’un brevet communautaire doit assurer une
égalité de traitement : sur le plan des coûts
globaux : dépôt et obtention des brevets, maintien en
vigueur, exploitation, litige et notamment contrefaçon, et
sur le plan linguistique et au regard de la qualité et de
la compréhension de l’information technique que
révèlent les brevets.
Le collectif pour le droit de travailler en français en
France « appelle à une prise de conscience
individuelle et collective » pour la
vitalité de la langue française dans le monde du
travail : à l’atelier, au bureau, à
l’usine , à hôpital, à l’université, dans les
laboratoires, dans les brevets . .. Non au protocole
de Londres.
Le temps doit être à la convergence de toutes les forces. Le collectif regroupe des personnes qui proviennent du monde des lettres, du monde associatif, du monde du travail, des syndicats et du monde politique. Le collectif a donné une conférence de presse le 8 février à l’assemblée nationale.