Nice, le 27 février 2006
NON AUX ARGUMENTS FALLACIEUX !
NON À LA RATIFICATION DE L'ACCORD DE LONDRES
portant
sur la réforme du régime linguistique des brevets
européens
Madame, Monsieur le Député,
L’APROBI
vous
lance ce
DERNIER APPEL avant
votre débat.
Nous remercions tous les parlementaires français qui nous
ont écrit qu'ils se battraient pour la langue française
et pour l'innovation en français.
Nous remercions tous les parlementaires français qui nous
ont écrit pour nous soutenir, en tant que vrais
représentants du peuple français, ce qui nous conforte
dans notre espoir de vous voir voter en votre âme et
conscience.
Nous sommes désolés de devoir intervenir auprès de vous
par courriel, mais le temps nous manque. Dans notre
"Lettre ouverte"
du 20 février, nous avons eu la décence de ne pas
évoquer le millier d'emplois menacés par le protocole
de Londres. Nous n'avons pas remis en cause les deux
objectifs affichés par notre gouvernement : l'emploi
et la langue française.
Mais
ces deux objectifs ont été remis en cause aujourd'hui,
dans
Libération,
sous la plume de Mme Catherine TASCA, ancien ministre de
la Culture du gouvernement français.
Nous
sommes horrifiés de lire de tels propos !
Sous
le titre "La
France doit ratifier l'accord de Londres, tant pour
défendre sa langue que son innovation – Brevets
européens, enjeu français", Mme
TASCA ose se référer à un avis du Conseil d'État, en
accusant les professionnels de la traduction des brevets
(qui n'ont pas été consultés sur ce sujet) d'avoir une
démarche corporatiste qui n'a jamais été mise en avant.
Devons-nous rappeler à Mme TASCA que, lorsqu'elle était
ministre de la Culture, elle avait proposé une
circulaire, datée du 20 septembre 2001, dite "circulaire
Tasca", autorisant "l'absence de traduction en français
des mentions en langue étrangère lorsque l'information
donnée au consommateur est faite au moyen de dessins,
symboles ou pictogrammes" ?
Sur
proposition de ce ministre de la Culture, au nom du
peuple français, qui se proposait d'échanger la langue
française contre des pictogrammes, sa circulaire a été
annulée par le Conseil d'État le 30 juillet 2003
(contentieux n° 245076).
Malheureusement, avant votre débat de demain, l'APROBI
n'a plus accès à un droit de réponse car la rédaction
de Libération
nous a
répondu "le
journal est bouclé".
Depuis le 20 février, date de notre "Lettre Ouverte à
Mesdames et Messieurs les Députés", nous avons reçu de
nombreux soutiens de la part de nombreux parlementaires,
de tous les partis politiques.
Nous aurions simplement apprécié que M. Fourgous et Mme
Tasca acceptent d'entendre les arguments des
professionnels avant que vous puissiez vous prononcer sur
un sujet qui engage l'avenir de la France et de la
Francophonie.
Nous nous permettons de vous rappeler que l'APROBI,
association apolitique, s'en remet à la représentation
nationale, en connaissance de cause, et déplore vivement
qu'un ancien ministre de la Culture, débouté par le
Conseil d'État, plaide pour l'abandon de la traduction
obligatoire des brevets d'invention en langue française
pour défendre le rayonnement de la langue française.
Les deux soussignés sont à la disposition de Mme Tasca et
de M. le Ministre de la Culture pour développer leurs
arguments.
L'APROBI demande solennellement à Mesdames et Messieurs
les Députés de ne pas se prononcer sur la base
d'arguments subjectifs dont les intérêts inavoués nous
dépassent.
Nous vous faisons confiance et sommes à votre disposition
pour vous exposer notre point de vue objectif avant que
vous ne vous prononciez au nom de notre pays.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur le
Député, l’expression de notre haute considération.
pour
l’APROBI
Alain PATRY
Romain
BERNARD
président vice-président